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Est-ce que le mi-temps thérapeutique compte pour la retraite en 2026 ?

est ce que le mi temps thérapeutique compte pour la retraite
Mi-temps thérapeutique et retraite : trimestres, SAM et surcotisation

La question est directe, et la réponse mérite d’être précise — parce que « compter pour la retraite » peut signifier plusieurs choses différentes selon qu’on parle de trimestres, de salaire annuel moyen, ou de droits à la retraite complémentaire. Et dans chaque cas, la réponse n’est pas la même.

Ce guide démêle ce que le mi-temps thérapeutique génère réellement comme droits retraite, ce qu’il ne génère pas, les pièges à connaître, et les options pour limiter l’impact sur votre future pension.

À retenir : Le mi-temps thérapeutique génère des trimestres cotisés sur la base du salaire réduit. Les indemnités journalières complémentaires versées par la CPAM ne génèrent pas de trimestres supplémentaires ni de revenus entrant dans le SAM. Si le salaire réduit passe sous le seuil de validation (1 803 € bruts par trimestre en 2026), vous risquez de ne valider que 2 ou 3 trimestres dans l’année au lieu de 4.

Qu’est-ce que le mi-temps thérapeutique exactement ?

Le temps partiel thérapeutique (TPT) — couramment appelé « mi-temps thérapeutique » bien qu’il ne soit pas toujours à 50 % — est une reprise du travail à temps réduit prescrite par le médecin traitant après un arrêt maladie. Il est accordé par le médecin-conseil de la CPAM lorsque la reprise à temps complet est médicalement contre-indiquée.

Pendant cette période, vous êtes dans une situation hybride :

  • Vous percevez un salaire partiel de votre employeur (proportionnel à vos heures travaillées)
  • Vous percevez des indemnités journalières complémentaires de la CPAM (pour compenser la perte liée à la réduction du temps de travail)
  • Vous n’êtes pas en arrêt maladie complet — vous travaillez effectivement, à temps réduit

C’est cette dualité — activité réelle + indemnisation complémentaire — qui crée une confusion sur les droits retraite générés.

Ce qui génère des trimestres cotisés : uniquement le salaire

Pendant votre mi-temps thérapeutique, vous validez des trimestres sur la base de votre revenu salarié, soumis aux cotisations sociales, dans les mêmes conditions que pour un temps plein.

En 2026, le seuil de validation d’un trimestre est de 150 fois le SMIC horaire, soit 1 803 € bruts par trimestre (SMIC horaire à 12,02 €). Pour valider 4 trimestres dans l’année, il faut avoir cotisé sur au moins 7 212 € bruts annuels.

Ces trimestres sont des trimestres cotisés — ce qui est important, notamment pour la retraite anticipée pour carrière longue, qui exige des trimestres cotisés.

Ce que les indemnités journalières ne génèrent pas

C’est le point le plus important et le plus souvent mal compris.

Les indemnités journalières complémentaires versées par la CPAM pendant le mi-temps thérapeutique ne génèrent ni trimestres supplémentaires ni revenus entrant dans le SAM.

Attention : les trimestres obtenus par le biais de l’assurance maladie sont des trimestres validés, et non des trimestres cotisés. Cela a son importance, en particulier pour la détermination de vos droits éventuels à partir en retraite avant l’âge légal.

Pour le calcul de votre pension de retraite, seuls les revenus salariaux seront pris en compte pour déterminer votre Salaire Annuel Moyen (SAM). Les indemnités journalières perçues ne rentrent donc pas dans le calcul.

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Ce que ça signifie concrètement :

Supposons que vous gagniez habituellement 2 800 € bruts/mois à temps plein. Pendant votre mi-temps thérapeutique à 50 %, votre salaire est de 1 400 € bruts/mois. La CPAM vous verse 700 € d’indemnités journalières complémentaires pour atteindre environ 2 100 €/mois.

Pour votre retraite :

  • La caisse de retraite retient 1 400 € bruts/mois dans le calcul du SAM — pas 2 100 €
  • L’année de mi-temps thérapeutique entre dans les 25 meilleures années avec ce salaire réduit de 1 400 €, pas avec 2 100 €

Si cette année figure parmi vos 25 meilleures, votre SAM sera tiré vers le bas.

Le risque concret : ne pas valider 4 trimestres par an

C’est le deuxième piège majeur, et il est arithmétique.

Pour valider 4 trimestres dans l’année, votre salaire doit atteindre au moins 7 212 € bruts annuels (4 × 1 803 €). Cela correspond à environ 601 € bruts par mois sur 12 mois.

Au-dessus de ce seuil, vous validez 4 trimestres cotisés comme à temps plein. Tant que votre salaire réduit reste au-dessus de ce montant, le mi-temps thérapeutique n’impacte pas le nombre de trimestres validés.

En dessous, vous ne validez que le nombre de trimestres proportionnel à vos revenus.

Exemple :

Un salarié au SMIC (21 624 € bruts/an à temps plein) passe à 30 % pendant 6 mois pour un TPT. Ses revenus sur ces 6 mois = 21 624 × 30 % × 6/12 = 3 243 € bruts.

Seuil pour 4 trimestres sur l’année complète = 7 212 €.
Si le reste de l’année il travaille à 100 % : revenus total = 10 812 + 3 243 = 14 055 € → 4 trimestres validés.
Si c’est son seul revenu de l’année (TPT seul) : 3 243 € → seulement 1 trimestre validé (3 243 / 1 803 = 1,8, soit 1 trimestre complet).

La durée et la quotité du TPT sont donc déterminantes. Un TPT court à quotité modérée est généralement sans impact sur les trimestres. Un TPT long à très faible quotité peut créer des trimestres manquants.

Le TPT ne compte pas comme trimestres cotisés pour la carrière longue

Un point important sur la retraite anticipée pour carrière longue.

Pour bénéficier du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue (départ avant l’âge légal), il faut justifier d’un certain nombre de trimestres cotisés pendant les périodes de handicap reconnu ou de carrière longue. Or les trimestres assimilés (chômage, maladie…) ne comptent pas comme cotisés pour ce dispositif.

Pendant un TPT, vous percevez en partie des indemnités journalières de l’Assurance maladie. Les indemnités journalières de l’assurance maladie peuvent valider des trimestres assimilés, mais pas cotisés.

La partie salariale du TPT génère des trimestres cotisés. La partie indemnités journalières, elle, ne génère que des trimestres assimilés. Cette distinction est cruciale si vous visez un départ anticipé.

L’impact sur la retraite complémentaire Agirc-Arrco

Pour les salariés du secteur privé, la retraite complémentaire est calculée en points Agirc-Arrco. Pendant le TPT, deux phénomènes se produisent.

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Points générés par le salaire réduit :

Vous continuez à cotiser à l’Agirc-Arrco, mais uniquement sur votre salaire réduit. Vous accumulez donc moins de points qu’à temps plein. La valeur d’achat d’un point Agirc-Arrco est de 20,1877 € en 2026.

Points générés par les indemnités journalières :

En cas de maladie longue durée — ce qui peut être le contexte du TPT —, sous certaines conditions, le salarié peut continuer à acquérir des points même en cas d’arrêt de travail prolongé, pour peu que les droits à indemnisation soient ouverts. Pour les arrêts de travail de plus de 60 jours consécutifs indemnisés par la CPAM, des points Agirc-Arrco gratuits sont accordés. Le TPT n’est pas un arrêt — c’est une reprise à temps réduit. L’attribution de points gratuits pendant le TPT dépend donc des conditions spécifiques de votre situation.

Renseignez-vous auprès de votre caisse Agirc-Arrco pour connaître votre situation exacte.

La surcotisation : la solution pour protéger votre pension

C’est la principale option pour limiter l’impact du TPT sur la retraite. Pour améliorer votre future pension de retraite, vous pouvez demander, avec l’accord de votre employeur, de verser des cotisations correspondant à un temps plein lorsque vous travaillez à temps partiel. C’est la possibilité de surcotiser.

La surcotisation signifie : vous travaillez à 50 % mais vous (et votre employeur, si l’accord est obtenu) cotisez à la retraite de base comme si vous étiez à 100 %. Le coût de la cotisation supplémentaire est partagé, selon la négociation.

Ce que la surcotisation protège :

  • Le SAM : vos cotisations se basent sur le salaire temps plein, donc ce salaire entre dans le calcul des 25 meilleures années à son niveau plein
  • Les trimestres : vous validez 4 trimestres cotisés par an, comme à temps plein
  • Les points Agirc-Arrco (si l’accord couvre aussi la complémentaire)

Ce que la surcotisation ne protège pas automatiquement :
L’Agirc-Arrco nécessite un accord séparé pour la surcotisation sur les cotisations complémentaires. Négociez les deux simultanément.

TPT et retraite progressive : une incompatibilité à connaître

Le mi-temps thérapeutique n’ouvre pas droit à la retraite progressive. Les deux dispositifs sont incompatibles. Si vous étiez déjà en retraite progressive avant votre arrêt maladie, la retraite progressive est suspendue pendant le TPT. Elle reprend automatiquement à la fin du TPT si vous remplissez encore les conditions.

Cette incompatibilité est une contrainte importante pour les personnes en fin de carrière qui avaient planifié une retraite progressive et qui sont touchées par un problème de santé nécessitant un TPT.

Ce que vous devez faire pendant un TPT pour protéger votre retraite

Étape 1 — Calculez votre salaire mensuel réduit
Vérifiez que votre salaire réduit (hors IJ) dépasse 601 € bruts/mois pour valider 4 trimestres par an. Si vous êtes en dessous, un trimestre peut être manquant.

Étape 2 — Négociez la surcotisation avec votre employeur
Dès le début du TPT, demandez par écrit à votre employeur s’il accepte la surcotisation à temps plein. Certaines conventions collectives la prévoient — vérifiez la vôtre.

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Étape 3 — Vérifiez les points Agirc-Arrco
Contactez votre caisse Agirc-Arrco pour savoir si des points gratuits s’appliquent dans votre situation spécifique (durée de l’arrêt précédant le TPT, conditions d’indemnisation).

Étape 4 — Vérifiez votre relevé de carrière
À la sortie du TPT, consultez votre relevé sur info-retraite.fr pour vérifier que les trimestres de la période sont correctement enregistrés. Un trimestre manquant est plus facile à corriger immédiatement qu’à retrouver 20 ans plus tard.

Tableau récapitulatif : ce que génère le TPT pour la retraite

ÉlémentCe que le TPT génère
Trimestres cotisésOui, sur la base du salaire réduit (si > 1 803 €/trimestre)
SAM (25 meilleures années)Salaire réduit uniquement (IJ non incluses)
Points Agirc-ArrcoRéduits proportionnellement au salaire (IJ exclues)
Trimestres assimilés par IJPossible si arrêt > 60 jours précédant le TPT
Comptabilisation dans carrière longuePartie salariale = cotisés ; partie IJ = assimilés uniquement
Compatibilité retraite progressiveIncompatible — retraite progressive suspendue pendant le TPT

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Grosso modo

Le mi-temps thérapeutique compte pour la retraite — mais uniquement sur la base du salaire réduit. Les indemnités journalières complémentaires de la CPAM n’enrichissent ni le SAM ni les points Agirc-Arrco. Cette règle peut réduire la pension définitive si les années de TPT figurent parmi les meilleures années de carrière.

La surcotisation est la seule option pour neutraliser cet impact. Elle nécessite l’accord de l’employeur et doit être négociée dès le début du TPT.

Conseil stratégique : Si vous êtes en mi-temps thérapeutique depuis plusieurs mois et que vous n’avez pas encore demandé la surcotisation, faites-le maintenant. La surcotisation peut s’appliquer rétroactivement sur les mois en cours d’année, selon votre caisse de retraite et votre employeur. Chaque mois non surcotisé sera définitivement perdu pour le SAM.

FAQ

Le mi-temps thérapeutique génère-t-il des trimestres cotisés ou assimilés ?
La partie salariale du TPT génère des trimestres cotisés, calculés sur le salaire effectivement perçu. Ces trimestres cotisés comptent pour la retraite anticipée pour carrière longue. La partie indemnités journalières ne génère que des trimestres assimilés dans certaines conditions spécifiques.

Si je suis en mi-temps thérapeutique à 50 %, suis-je sûre de valider 4 trimestres par an ?
Oui, si votre salaire à 50 % reste supérieur à 7 212 € bruts annuels (1 803 €/trimestre en 2026). Pour un salarié au SMIC à temps plein (21 624 €/an), 50 % représente 10 812 €/an → 4 trimestres validés. Pour un salarié à bas salaire (12 000 €/an à temps plein), 50 % représente 6 000 €/an → seulement 3 trimestres validés.

La surcotisation pendant le TPT est-elle obligatoire pour l’employeur ?
Non. La surcotisation est une option qui nécessite l’accord de l’employeur. Elle n’est pas obligatoire. L’employeur peut refuser. Cependant, certaines conventions collectives prévoient la surcotisation automatique en cas de TPT — vérifiez votre convention collective avant de négocier.

Comment comptent les trimestres en maladie pour la retraite ?

Auteur/autrice

  • Julien Delorme est auteur et analyste indépendant spécialisé dans les retraites et les droits des retraités. Il publie des contenus pratiques sur les pensions, les réformes et les démarches administratives pour aider les seniors à mieux comprendre leurs droits.

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