
Le marché du travail français connaît une transformation progressive : de plus en plus de salariés et de retraités pratiquent le « jobbing », c’est-à-dire le cumul de plusieurs activités professionnelles. Si les motivations diffèrent selon le profil, ce phénomène révèle de nouvelles manières de travailler et d’organiser ses revenus.
Salariés : une pratique stable mais durable
Selon l’Insee, 2,4 millions de salariés étaient concernés par la pluriactivité fin 2022, soit 7,8 % de l’emploi total. La plupart travaillent dans le secteur tertiaire, notamment chez les particuliers employeurs, dans l’action sociale ou l’enseignement. Les emplois à temps partiel ou fractionnés favorisent le cumul, permettant de stabiliser les revenus.
Profil type : majoritairement des femmes (61 %), ce qui reflète la structure sectorielle et interroge sur l’accès aux postes à temps complet et la qualité des emplois.
Si le cumul peut résulter d’un choix personnel (complément de revenu, diversification des activités, indépendance professionnelle), il s’inscrit aussi dans un contexte de transformation du salariat, marqué par une part importante d’emplois précaires (CDD, intérim), qui représentent aujourd’hui 16 % du marché du travail contre 7 % en 1980.
Retraités : une activité volontaire et encadrée
Chez les retraités, le cumul emploi-retraite concerne environ 606 000 personnes de 55 ans et plus, soit 4,2 % des retraités. La majorité de ces activités est exercée à temps partiel, avec un revenu moyen de 9 000 € par an.
Contrairement aux idées reçues, ces retraités disposent souvent de pensions supérieures à la moyenne, indiquant que le cumul n’est pas toujours une nécessité économique, mais plutôt un choix pour rester actif ou améliorer son niveau de vie.
Le cadre légal encadrant le cumul emploi-retraite reste complexe : il dépend de l’âge de départ, de la durée d’assurance, des plafonds de revenus et des règles de reprise chez le même employeur. Comparée à d’autres pays européens, la France offre un cadre plus restrictif.
Jobbing : un indicateur des mutations du travail
Le phénomène de jobbing traduit deux réalités distinctes :
- Pour les salariés, un moyen de faire face à la fragmentation et à la précarité du marché du travail.
- Pour les retraités, un choix volontaire pour rester actif ou compléter ses revenus.
Bien qu’encore minoritaire, le jobbing est un indicateur clé des évolutions du marché du travail et du rapport à l’activité professionnelle en France.
Quelles sont les conditions pour travailler après la retraite en France ?

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