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Comment déclarer la pension de réversion aux impôts ?

comment déclarer la pension de réversion aux impôts
Comment déclarer la pension de réversion aux impôts ? Case, montant et abattement

Oui, la pension de réversion est imposable. Elle se déclare exactement comme une pension de retraite classique, dans les mêmes cases du formulaire 2042. La bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, le montant est prérempli automatiquement par votre caisse de retraite. Votre seule obligation est de vérifier ce montant — et de le corriger s’il est inexact.

Ce guide vous explique où trouver votre pension de réversion sur la déclaration, quelle case remplir, quel montant indiquer (brut ou net ?), comment fonctionne l’abattement de 10 %, et ce que vous payez réellement.

La pension de réversion est-elle imposable ?

Oui, sans exception. Que vous perceviez la réversion du régime général (CNAV/CARSAT), de l’Agirc-Arrco, de la fonction publique ou d’un autre régime, toutes les pensions de réversion sont soumises à l’impôt sur le revenu. Elles sont traitées exactement comme une pension de retraite ordinaire.

Il n’existe pas d’exonération spécifique pour les veuves et veufs, contrairement à ce que beaucoup pensent. La seule exception concerne des prestations différentes : l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA, le minimum vieillesse) et les allocations du minimum vieillesse, qui elles ne sont pas imposables — mais ces dispositifs sont distincts de la pension de réversion.

Où déclarer : la case 1AS du formulaire 2042

La pension de réversion se déclare dans la rubrique « Traitements, salaires, pensions et rentes » du formulaire de déclaration de revenus 2042, aux cases suivantes :

Case 1AS : pension de réversion du déclarant principal (ou de la personne seule)

Case 1BS : pension de réversion du second déclarant (conjoint, partenaire PACS)

Ces cases regroupent toutes les pensions perçues : retraite de base, retraite complémentaire et pension de réversion. Vous n’avez pas à les séparer — vous additionnez tout et reportez le total dans la case qui vous correspond.

Exemple concret : Marie, 68 ans, veuve, perçoit sa propre retraite de base (720 €/mois) et une pension de réversion de son défunt mari (380 €/mois). Elle déclare le total annuel en case 1AS : (720 + 380) × 12 = 13 200 €.

Exemple avec couple : Jean (déclarant 1) perçoit sa retraite personnelle. Sa femme Suzanne (déclarant 2) perçoit une pension de réversion d’un premier mariage. Jean déclare ses pensions en case 1AS, Suzanne déclare sa réversion en case 1BS.

Quel montant déclarer : le net imposable, pas le net à payer

C’est la confusion la plus courante. Sur vos bulletins de pension, vous voyez généralement deux colonnes : un montant net à payer (ce qui arrive sur votre compte) et un montant net imposable (ce qui doit figurer sur votre déclaration). Ces deux chiffres sont différents.

Vous devez déclarer le montant net imposable, pas le net à payer.

La différence vient de la CSG partiellement déductible : une partie de la CSG prélevée sur votre pension (les taux de 4,2 % ou 5,9 % selon votre RFR) est déductible fiscalement. Concrètement, votre caisse de retraite prélève la CSG mais réintègre ensuite la fraction non déductible dans le montant imposable. Le « net imposable » correspond donc au net à payer plus cette fraction non déductible de CSG.

Vous trouvez le montant net imposable annuel sur :

  • Votre bulletin de pension annuel (ou le relevé de paiements annuel transmis par votre caisse)
  • Votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr, agirc-arrco.fr, ou ensap.gouv.fr pour les fonctionnaires
Lire  Combien d’années de mariage pour avoir la pension de réversion dans le privé ?

Si vous percevez des pensions de plusieurs régimes (par exemple CNAV + Agirc-Arrco), additionnez les nets imposables de chaque caisse et reportez le total en case 1AS. Chaque caisse transmet ses données séparément à la DGFiP, mais c’est vous qui additionnez pour la déclaration.

La déclaration est préremplie : que faire concrètement

Dans la quasi-totalité des cas, les cases 1AS et 1BS sont déjà remplies quand vous ouvrez votre déclaration en ligne sur impots.gouv.fr. Les caisses de retraite transmettent directement les montants imposables à la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Votre démarche en pratique est donc la suivante :

Ouvrez votre déclaration de revenus en ligne sur impots.gouv.fr. Accédez à la section « Traitements, salaires, pensions et rentes ». Vérifiez que le montant prérempli en case 1AS (ou 1BS) correspond bien au total des nets imposables indiqués sur vos bulletins annuels. Si le montant est exact, vous n’avez rien à faire — il vous suffit de valider. Si le montant est incorrect (trop élevé, trop bas, ou si une pension manque), corrigez directement la case en saisissant le bon total.

Des erreurs peuvent survenir dans les situations suivantes : la pension de réversion a démarré en cours d’année et n’a pas été intégralement reportée, vous avez changé de régime ou de caisse, un rattrapage ou un trop-perçu a été régularisé, ou vous percevez une pension versée par un organisme étranger qui ne transmet pas automatiquement les données.

Bon à savoir : les pensionné(e)s de l’État (fonctionnaires) trouvent leur attestation fiscale annuelle dans leur espace personnel ENSAP (ensap.gouv.fr), rubrique « ma pension ». Ces attestations ne sont plus envoyées par voie postale.

L’abattement de 10 % : automatique, ne le déduisez pas vous-même

Une fois la pension de réversion déclarée case 1AS, l’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 10 % sur l’ensemble des pensions déclarées par votre foyer. Cet abattement représente les « frais professionnels » forfaitaires, exactement comme pour les salariés.

Vous ne devez pas calculer ni soustraire cet abattement vous-même. Si vous déclarez le montant brut (ou net imposable) et que vous soustrayez ensuite 10 %, vous sous-déclarez — ce qui pourrait vous valoir un rappel.

Les règles de l’abattement pour les revenus 2025 déclarés en 2026 :

Plancher : 454 € par personne du foyer ayant perçu une pension imposable. Si votre pension annuelle est inférieure à 4 540 €, l’abattement est limité au montant de la pension elle-même.

Plafond : 4 439 € pour l’ensemble du foyer fiscal (quelle que soit la somme totale des pensions). Ce plafond est commun à toutes les pensions du foyer (pension personnelle + réversion des deux conjoints le cas échéant).

Exemple : vous percevez 14 400 € de pension de réversion dans l’année. L’abattement de 10 % est de 1 440 €. Votre revenu imposable au titre de la pension est donc 14 400 − 1 440 = 12 960 €, sur lequel s’appliquera le barème progressif selon votre tranche d’imposition.

Les prélèvements sociaux : CSG, CRDS, Casa

Avant même la déclaration fiscale annuelle, votre pension de réversion est déjà amputée de prélèvements sociaux directement par votre caisse de retraite chaque mois. Ces prélèvements apparaissent sur vos bulletins de pension.

Lire  Pourquoi le service militaire ne compte pas pour la retraite ? La vraie réponse

Le taux de CSG appliqué dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) des deux années précédentes :

SituationTaux de CSGCSG déductible
RFR faible (exonération)0 %
Taux réduit3,8 %3,8 % (tout est déductible)
Taux médian6,6 %4,2 % déductible
Taux normal8,3 %5,9 % déductible

La CRDS est de 0,5 % et n’est jamais déductible.

La CASA (contribution solidarité autonomie) est de 0,3 %, appliquée uniquement aux pensions soumises au taux médian ou normal de CSG.

Ces prélèvements sont donc prélevés à la source par votre caisse. C’est pour cette raison que votre « net à payer » (ce qui arrive sur votre compte) est inférieur au « net imposable » (ce que vous déclarez) : la fraction déductible de CSG est réintégrée dans la base imposable.

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu

En plus des prélèvements sociaux, l’impôt sur le revenu est lui aussi prélevé directement par votre caisse de retraite, selon un taux transmis par la DGFiP (taux personnalisé, individualisé ou neutre).

Si votre pension de réversion démarre en cours d’année, votre caisse applique un taux neutre provisoire dans un premier temps. Ce taux est ajusté automatiquement en septembre sur la base de votre dernière déclaration. Si votre revenu a baissé significativement (en raison du décès de votre conjoint par exemple), vous pouvez demander une modulation de taux directement sur impots.gouv.fr pour adapter le prélèvement à votre nouvelle situation sans attendre septembre.

L’abattement supplémentaire pour les personnes âgées de 65 ans ou plus

Au-delà de l’abattement automatique de 10 %, les personnes ayant atteint 65 ans au 31 décembre de l’année d’imposition (ou titulaires d’une carte d’invalidité) peuvent bénéficier d’un abattement supplémentaire sur leur revenu net global :

Pour les revenus 2025 déclarés en 2026 :

  • 2 820 € si votre revenu net global n’excède pas 17 667 €
  • 1 410 € si votre revenu net global est compris entre 17 667 € et 28 370 €
  • Aucun abattement au-delà

Cet abattement est automatiquement pris en compte par l’administration fiscale dès lors que votre date de naissance est correctement renseignée dans votre déclaration. Il s’applique en plus de l’abattement de 10 % sur les pensions.

Cas particulier : pension de réversion d’un conjoint fonctionnaire

Si votre conjoint décédé était fonctionnaire d’État, la pension de réversion est versée par le Service des Retraites de l’État (SRE). Ce service communique directement le montant imposable à la DGFiP, qui pré-remplit la case 1AS de votre déclaration.

La déclaration suit les mêmes règles : montant net imposable en case 1AS, abattement de 10 % automatique, soumission au barème progressif.

Exception importante : certaines prestations versées dans le cadre de la fonction publique sont exonérées d’impôt et ne doivent pas être déclarées. C’est le cas notamment de la rente viagère d’invalidité et de sa réversion, de la majoration pour assistance d’une tierce personne, et des traitements de la Légion d’honneur et de la médaille militaire. Votre centre de retraites ne les inclut pas dans le montant imposable communiqué à la DGFiP.

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Cas particulier : pension de réversion étrangère (conjoint ayant travaillé à l’étranger)

Si votre conjoint décédé a travaillé en Suisse, en Belgique ou dans tout autre pays ayant une convention fiscale avec la France, la pension de réversion étrangère que vous percevez n’est généralement pas transmise automatiquement à la DGFiP par la caisse étrangère.

Lire  Peut-on cumuler ASPA et pension de réversion ? Oui, et voici comment ça marche

Vous devez la déclarer vous-même, en euros (convertis au taux de change officiel de l’année), sur le formulaire 2047 (revenus de source étrangère) en plus de la déclaration 2042. Selon les conventions fiscales applicables, des cases spécifiques (1AL à 1DL ou 1AR à 1DR) peuvent être utilisées pour éviter la double imposition.

FAQ — Déclarer la pension de réversion aux impôts

Je perçois ma propre retraite et une pension de réversion. Comment les déclarer ?

Vous additionnez les deux montants (votre pension personnelle + la réversion) et reportez le total en case 1AS. Il n’est pas nécessaire de les séparer sur la déclaration. L’abattement de 10 % s’appliquera sur ce total combiné, dans la limite du plafond de 4 439 € par foyer.

Le montant prérempli inclut-il déjà la pension de réversion ?

Normalement oui — la caisse de retraite transmet à la DGFiP à la fois votre pension personnelle et la réversion. Mais vérifiez toujours avec vos bulletins annuels. Si la réversion a démarré en cours d’année, il peut y avoir un décalage dans la transmission des données.

Je n’ai reçu aucun document de ma caisse mentionnant le montant imposable. Que faire ?

Connectez-vous à votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr, agirc-arrco.fr ou ensap.gouv.fr selon votre caisse. Le relevé de paiements annuel avec le net imposable y est disponible. Si vous ne le trouvez pas, appelez directement le 39 60 (Assurance retraite) ou votre caisse de retraite.

La pension de réversion figure-t-elle sur l’avis d’imposition ?

Oui. Une fois votre déclaration traitée, votre avis d’imposition indique le revenu fiscal de référence (RFR) qui inclut la pension de réversion (après abattement de 10 %). Ce RFR est important car il conditionne votre taux de CSG l’année suivante.

Si je ne suis pas imposable, dois-je quand même déclarer la pension de réversion ?

Oui, absolument. Même si vos revenus totaux sont inférieurs au seuil d’imposition et que vous ne payez pas d’impôt, vous devez déclarer tous vos revenus, y compris la pension de réversion. La déclaration annuelle sert à calculer votre revenu fiscal de référence, qui détermine de nombreux droits (taux de CSG, plafonds pour l’ASPA, tarifs des établissements d’hébergement, etc.).

Ce qu’il faut retenir

La pension de réversion se déclare en case 1AS (ou 1BS) du formulaire 2042, exactement comme une pension de retraite ordinaire. Le montant à indiquer est le net imposable — pas le net à payer. Dans la plupart des cas, la case est préremplie automatiquement : contentez-vous de vérifier. L’administration applique ensuite un abattement automatique de 10 % (plafonné à 4 439 €/foyer en 2026) — ne le soustrayez jamais vous-même. L’impôt est prélevé directement à la source par votre caisse de retraite. Et si votre conjoint percevait une pension étrangère, pensez à compléter le formulaire 2047 pour la partie étrangère, qui n’est pas transmise automatiquement.

Peut-on cumuler ASPA et pension de réversion ? Oui, et voici comment ça marche

Auteur/autrice

  • Julien Delorme est auteur et analyste indépendant spécialisé dans les retraites et les droits des retraités. Il publie des contenus pratiques sur les pensions, les réformes et les démarches administratives pour aider les seniors à mieux comprendre leurs droits.

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